Messe pour la Paix et le 59ème anniversaire de la Proclamation de la République

Actualités - 08/12/2017

Messe pour la paix et le 59ème Anniversaire de la Proclamation de la République Centrafricaine

Mots de SEM Michel GBEZERA-BRIA

Roubaix, 02 Décembre 2017 

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1-Mes premiers mots sont une prière : celle, avec vous, de nous souvenir de ces Oubanguiens qui, comme KARINOU et BOGANDA, dans la souffrance et parfois au prix suprême  de leur vie ont forgé et donné corps à notre identité! De nous souvenir également, dans notre  Patrie moderne, des Compatriotes et des ressortissants des Pays amis comme la France qui sont tombés pour défendre notre personnalité célébrée le 1erdécembre, 59éme anniversaire de la Proclamation de la République, et qui nous rassemble aujourd’hui à Roubaix. Une minute de recueillement, s’il vous plait ! Merci

 

2-Mes seconds mots sont de chaleureux salut et, après Monsieur le Président de la République Chef de l’Etat qui  a souhaité dans sa déclaration à la nation bonne fête à la Diaspora, acceptez, vous tous également, le mien et particulièrement  Mr  Magloire MOUSSA Premier Conseiller à l’Ambassade de Centrafrique à Bruxelles Représentant de SEM Daniel Emery DEDE, les Amis de la République Centrafricaine dont vous  Monsieur Sébastien DUHEM Maire de la ville de  Fives et Mgr Laurent ULRICH Archevêque de Lille qui nous honorez de votre présence,  comme insigne témoignage de cette longue amitié qui lie la République Centrafricaine et la France! Mon salut déférent  à notre référence Mgr l’Archevêque  Emérite Joachim NDAYEN, aux prêtres Célestin KETTE, Stéphane BOULA, Alphonse KOSSI, Jonas MOROUBA, Jean-Claude BAMBELE, aux Pères Jean Michel de Haïti,  Armel de la République Démocratique du Congo et Michel de la paroisse Sainte Trinité dont la fraternité en Afrique  comme ici nous accompagne.

Ces seconds mots sont également de remerciements à vous Mr l’Abbé YERIMA BANGA et à travers vous, à la communauté centrafricaine du Haut de France pour l’accueil et surtout pour l’initiative et l’invitation. Celles-ci ont été, pour mes collaborateurs et moi, une incitation à réaliser notre premier  projet de visite consulaire ici  . Nous avons donc tenu à être tous là !

Je tiens ici à dire ma reconnaissance à tous ceux qui  nous ont conduits dans le recueillement. Ils nous ont apporté  la sérénité alors que notre Chorale , par la voix, nous a fait de nouveau connaitre cette joie particulière qui ne peut se partager que dans une église ou un temple !

 

3-C’est pourquoi, mes troisièmes mots commencent par un constat. Voici  donc, envers et contre tout, la République Centrafricaine ! Car, nous donnons ici, assemblés, l’image de ce que  notre Patrie a été et ce qu’elle doit redevenir : un pays uni, de paix, dont les enfants, dépassant leurs particularités, se reconnaissent en celle essentielle, supérieure  d’appartenir à un sol qui fut un temps appelé de « Suisse africaine ».

Mais voilà !

Depuis plusieurs décennies la République Centrafricaine, de mutineries aux coups d’Etat, ne trouve pas  une stabilité  et une quiétude pérennes qui libéreraient enfin,  dans la durée, l’énergie humaine centrafricaine pour  bâtir un pays, pour nous redonner fierté et dignité. La profondeur de la dernière crise qui  a commencé en   2013  a entrainé une grave « hémorragie de vies »  dans  une population déjà si peu nombreuse, dispersé des Centrafricains à l’intérieur et à l’extérieur sans compter ses conséquences sur la santé et l’école, qui sont les gages de l’avenir.  La distinction religieuse, inconnue jusqu’alors et son instrumentalisation politique voulaient  et veulent non seulement un déchirement physique de la République Centrafricaine mais également un déchirement de notre tissu social,  par le rejet  de cette valeur de ZO KWE ZO que nous a légué Barthélémy BOGANDA.

Malgré cette tourmente, nous, Centrafricains résistons parce que nous ne  sommes pas une fiction pas plus que notre pays ne l’est. Notre mère existe et vit. Notre Patrie vit donc  aussi ici à Roubaix et partout, en chaque Centrafricain.

Cependant, plus que de vivre ou plus exactement de se laisser aller, notre tragédie actuelle  réaffirme notre identité et notre détermination. La guerre ainsi que le malheur unissent. Ils  font  en effet apparaitre des ressources extraordinaires de combativité et surtout de solidarité dormantes. Ce sont là les signes de l’espérance qui ne nous ont jamais  quittés.

Le maitre d’œuvre de cette solidarité est bien sûr l’Etat, je veux dire les institutions ; mais l’Etat c’est aussi et surtout les citoyens qui se mobilisent pour asseoir et fortifier l’entraide sous la direction de ces institutions.

Les actions remarquables des associations centrafricaines, à l’intérieur ou à l’extérieur, dans les divers domaines sont autant des pierres blanches pour paver le chemin de cette  solidarité. Dans la situation d’urgence qui est celle de la  plupart de nos Compatriotes, cette main comme celle des pays amis est d’un  immense prix.

Mais, quand l’urgence sera résolument dépassée c'est-à-dire quand l’Etat aura recouvré  ses fondamentaux et que la sécurité et la paix, pour lesquelles le gouvernement œuvre,  seront de retour  partout sur notre sol, alors, reviendra  le temps de la reconstruction. Alors plus qu’avant et plus densément, la République Centrafricaine pourra bénéficier de l’apport de ses enfants.

Nous sommes encore pour employer une vieille expression, «  une feuille blanche » sur laquelle chacun peut écrire et surtout chaque centrafricain peut écrire, se réaliser, concrétiser un idéal.

La densité actuelle de la matière grise centrafricaine surtout ici en France est remarquable et pourra alors donner toute la mesure de sa capacité.

En effet, plus que l’existence de cette matière grise, c’est sa disponibilité qu’il faut percevoir  et savoir saisir même si quelques fois on soutient que nous n’aimons pas notre Pays. C’est  vite parler et ce vite parler peut se comprendre comme une immense déception mais également comme un appel pressant à nous surpasser pour la République Centrafricaine.

Vous êtes nombreux dans cette salle mais encore dans toute la France à être disponible pour la Terre de nos ancêtres, à quelque niveau que ce soit !

Cependant, quand je parle de matière grise, je ne parle pas seulement du diplômé voire pointu mais je parle de la capacité de chaque centrafricain de mettre non seulement sa tête mais également sa main, surtout juvénile, c’est-à-dire son talent, de n’importe quelle nature, à la  disposition  de la  République Centrafricaine.

Car, il y a aussi du talent chez nous et l’Afrique et le monde s’en étonnent  comme  l’Afrique s’est étonnée,

  • Que le Vatican ait créé un des plus jeunes cardinaux en la personne de notre Compatriote son Eminence Dieudonné NZAPALAÏNGA ;
  • Qu’un centrafricain d’origine soit élu à l’assemblée nationale française à travers le député  Rodrigue KOKOUENDO ;
  • Que le juriste AKANDJI-KOMBE soit professeur à la Sorbonne  et soit un consultant de renommée ;
  • Que le Docteur Georges YAYA  ait  reçu à Paris  le prix « Jean et Jacques CHIBERT 2016 » de la fondation THEA qui contribue à la formation des ophtalmologues africains ;
  • Que Sosthène NGUEMBI  et son équipe de Bangui Wood Média  aient couvert à Monaco toute la communication digitale, la couverture et la retransmission en direct de  la remise de prix de la 2ème édition du concours numérique francophone qui a connu également la participation d’une école de Bangui ;
  •  Que Teddy KOSSOKO jeune  centrafricain arrivé en France il y a 5 ans ait créé avec le concours de certains d’entre nous  la version  électronique   de notre jeu KISSORO;
  • Que la troupe « Les Perroquets de Bangui » soit arrivée en finale d’une compétition africaine de talent ;
  • Que Mme  Albertine PABINGUI-GONDJE, anthropologue, responsable associative de prévention de la Santé, coordinatrice de l’association DA TI SENY (la Maison du bien être)   ait été, ce lundi dernier à Lyon, décorée  Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par le professeur Jean Louis TOURAINE, député  du Rhône, vice président de la Commission des Affaires Sociales ;

Pour ne citer que ceux- là à titre d’exemple.

Mais, cette densité et cette disponibilité ne peuvent donner  toute leur dimension que si s’y ajoutent  deux conditions.

La première est l’organisation.

Organisation au niveau national pour donner un cadre notamment de sécurité non seulement pour tous mais également une organisation spécifique pour les Compatriotes de l’Etranger et singulièrement ceux de France.

Ce souci de méthode veut ceci : du répondant  efficace, rapide au niveau national tant bien sûr au niveau de l’administration mais également au niveau de ceux vers lesquels  les Centrafricains de l’Etranger et notamment ceux d’ici agissent. 

Pour les Centrafricains de l’intérieur, il faudrait qu’ils se séparent de l’idée que les Centrafricains de l’extérieur parce qu’ils sont à l’extérieur disposeraient des moyens extraordinaires qui ne s’accommodent pas d’une bonne gestion, de la rigueur et que ces moyens  devraient être engloutis au titre d’une certaine solidarité africaine mal comprise!

Pour les Centrafricains de l’extérieur ne point se départir de l’idée que la ré-immersion  dans son propre pays est parfois ardue, décevante, décourageante à cause des incompréhensions car il faut par exemple allier l’approche acquise sur d’autres continents  à la spécificité centrafricaine  et trouver la  juste mesure pour éviter l’aliénation. Ce métissage, non point de peau mais d’esprit  est un facteur de dynamisme soutenu par la fermeté.

La nomination d’un Ministre Délégué aux Affaires Etrangères  chargé  entre autres des Centrafricains de l’Etranger répond à ce but spécifique de méthode.

Mais, le vœu de l’organisation pour nous en France commence par un premier pas : celui de nous compter. Combien sommes-nous et que faisons- nous ? Nous pourrions, dresser un inventaire un peu plus exhaustif des Compatriotes, avec le concours des différentes associations. L’association des Elus pour le Centrafrique (AEC) dont le Président est Mr TOULOUGOUSSOU, conseiller municipal de Chécy pourrait être d’un grand secours à cause de sa proximité avec la population. Les associations devraient également systématiquement déposer leur statut à l’Ambassade comme tout  Compatriote  devrait s’y  déclarer  et disposer d’une carte consulaire.

Sur ce point de répertoire, l’Ambassade a été conviée à une conférence débat organisé par « le THINK-TANK LE LABORATOIRE CENTRAFRIQUE ». L’idée suivante lui est venue : pourquoi ne  pas élaborer une nomenclature des experts centrafricains qui s’intitulerait le GOTHA CENTRAFRICAIN comme  le GOTHA NOIR, en Europe avec le sous-titre « Démentir les préjugés par l’exemple »élaboré par le Club Efficience ?

Ces propositions ne sont peut être pas nouvelles. Si tel est cas, actualisons celles qui existent et réalisons celles qui sont nouvelles.

Nous sommes une petite Ambassade qui souvent ne peut répondre à toutes les sollicitations notamment aux manifestations des associations. Mais avec la bonne volonté des Compatriotes, nous pourrions réaliser un ou  deux  projets  que nous aurons ensemble arrêtés.

Cependant quelles que soient la densité et la disponibilité du Centrafricain et notamment du Centrafricain en France, son organisation dépend de cette condition indispensable, la seconde, qui est la confiance, confiance en soi et en l’autre.

Je relève qu’individuellement ou collectivement, la confiance est construction et a pour notable conséquence la crédibilité. C’est cette confiance, Monsieur l’Abbé YERIMA qui  vous a permis avec les Compatriotes, autour d’une mission précise, de nous réunir  aujourd’hui. Je souhaite vivement que  cette confiance entre vous aille en se renforçant.

Car cette confiance en soi et en l’autre donne de l’assurance et est un puissant levier d’action commune.

Oui, nous sommes  aussi capables comme tout être humain puisque l’intelligence, cette faculté de saisir  le sens des choses, de discerner, de voir l’essentiel qui pour nous est la République Centrafricaine et de nous organiser  en conséquence est la valeur humaine la mieux partagée.

L’espérance, puissante  du retour de la Terre de nos ancêtres  à la paix, de sa reconstruction, dépend donc de nous Centrafricains, de la confiance que nous nous  faisons! Notre sol si arable, notre bonne  pluviométrie, nos cours d’eau, notre forêt, notre or, notre diamant, notre fer, notre uranium  entres autres richesses naturelles  sont importantes mais ne remplacent nullement la richesse humaine que nous sommes disposant de ce moyen extraordinaire d’une langue commune.

Dans cette quête de la paix et de la reconstruction, les Centrafricains de  France à cause de leur qualité, de leur densité, leur disponibilité, ont une mission insigne  à accomplir !

Unis à l’intérieur et à l’extérieur sous la houlette du gouvernement, nous aurons alors comme maintenant, gardé « les yeux ouverts sur la nuit pour saluer l’aurore » après  « avoir pleuré dans l’attente nocturne » le lever du soleil sur la République Centrafricaine !

 

4-Mes premiers mots ont été une prière et mes quatrièmes mots de la fin  le seront aussi car, voici venu le temps de l’oubli de soi  en communiant dans «  La Renaissance » et en réaffirmant notre  fidélité à la  devise de la  République Centrafricaine.

Je vous prie donc,  Chers Amis et mes bien Chers Compatriotes de vous lever, de nous donner la main  et de former ainsi symboliquement une chaine de solidarité autour de la République Centrafricaine mais aussi de partager la chaleur qui émane de nous en ces instants d’oubli de nous dans les bras de la mère Patrie ! -/-