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Actualités - 30/12/2019

Fête Nationale du 1er Décembre   2019

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Commémoration du  61ème anniversaire

de La  Proclamation de la République Centrafricaine

Notre Dame de Lourdes 

Villeneuve Saint Georges

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MESSAGE DE MONSEIGNEUR Joachim  NDAYEN

 

Excellence Monsieur l’Ambassadeur Michel GBEZERA-BRIA et ses Collaborateurs,

Chers Pères,

Chers Compatriotes,

Chers Amis,

 

Merci de vous être rassemblés pour cette Eucharistie célébrée à l’Occasion de notre fête nationale.

Je rappelle pour les non-initiés que notre fête nationale n’est pas l’anniversaire de l’indépendance, celle-ci c’est le 13 Août, mais l’anniversaire de la fondation de la République Centrafricaine le 01 décembre.

Il semble que cette a été choisie pour éviter les pluies abandontes du mois d’Août et privilégier la saison sèche du mois de décembre. Mais il arrive même souvent, ce jour-là malgré tous les pronostics favorables, que le défilé festif se fasse sous une grosse pluie !

La proclamation de la République est l’aboutissement d’une lente maturation politique, durant laquelle nous étions colonie française, sous l’appellation d’Oubangui-Chari.

En 1956, sous la pression de plus en plus constante des nations colonisées d’Outre-Mer, la France passa à une forme intermédiaire de gestion administrative, appelée Loi –Cadre. Celle Loi a été votée sur l’initiative du Ministre François Gaston DEFERRE ; Elle permettait alors aux cadres des colonies d’accéder à certains postes de responsabilités jusque-là tenues par les colonisateurs. Une bonne partie de nos éléments étaient préalablement formés dans un établissement situé à Brazzaville, la capitale fédérale, appelée l’Ecole des Cadres. Ils se préparaient ainsi à prendre le relais des Européens dans l’administration (générale, financière, militaire, scolaire, etc…). Je me souviens avoir rencontré notre futur 1er Ministre Bernard Christian AYANDHO exercer la fonction la fonction d’Agent Spécial à Fort-Crampel. A moins qu’il ait été adjoint au Chef de District (qui était l’ancienne désignation de Sous-Préfecture). J’espère ne pas me tromper car je cite tout cela de mémoire !

Et pendant ce temps, le futur Président de l’Assemblée nationale Monsieur Adama TAMBOUX était Directeur d’école à Grimari et le futur Président de la République, Directeur de l’école Lakouanga ! C’est dire que n’importe lequel d’entre vous ici, les uns plus que les autres, avec le bagage intellectuel, humain et moral que l’on vous reconnait, est largement capable d’accéder à ces responsabilités d’Etat.

Que dis-je ! Beaucoup d’ailleurs rêvent, avec raison, pourquoi pas, de cette belle aventure, en militant dans des partis politiques, en se préparant dans des Universités de haut vol, qu’aucun de nos anciens dirigeants n’a fréquentées.

Mais quand on y réfléchit bien, on peut se demander si nous irons tous encombrer les bureaux de l’administration centrafricaine ! Pour quoi y faire !

Nous sommes dans une impasse en ne favorisant que les établissements d’enseignement général. Nous ne préparons strictement que des fonctionnaires, des manipulateurs de paperasses, et encore ! Quand ils veulent bien y toucher ! Nous connaissons tous la rapidité, pour ne pas dire la lenteur, avec laquelle les dossiers défilent entre leurs mains !

Au départ de la République Centrafricaine, nous ne disposons que d’un seul lycée technique, celui de Bangui.

Au déclin de la République, je dis déclin quand je pense à l’insertion des bandes armées dans les structures de la République, i ln’ y a toujours que ce seul lycée technique, après plus de 60 ans ! Contre une explosion atomique d’établissements d’enseignement général, usines de futurs « budgétivores «.

Lors du centenaire de l’Eglise catholique en 1994, la Conférence des Evêques, sur mon initiative, a demandé au Gouvernement de lui rétrocéder les bâtiments du Lycée de Fatima, en vue d’y fonder un Lycée technique. On était prêts. Le Chef de l’Etat de l’époque ne s’y est pas opposé. Mais son administration a tout fait pour que le projet échoue.

Je dis ces choses très simplement pour montrer comment fonctionne notre pays que certains d’entre vous se préparent à aller diriger.

Dans cette perspective, j’ai pensé à démocratiser un peu plus cette formation technique, en la prenant à un niveau plus bas. J’ai fait appel aux Salésiens Belges (Don Bosco) qui ont ouvert un immense établissement à Damala (KM 10) pour la formation des jeunes en menuiserie, mécanique et agriculture. Le Prêtre Directeur m’a dit à l’époque que seule l’agriculture ne les intéressait pas.

Il est pourtant évident que notre terre est une terre de productions agricoles. ! Même s’il nous faut des fonctionnaires qu’on ne fasse pas de notre pays une République de fonctionnaires.

Nous avons abandonné les collèges et centres d’agriculture de chez nous : je pense au KM 22 de Ngou-Komba, au Collège de Ngoulinga, à Boukoko, à Soungbé (Bossangoa), à Gounouman (Alindao), au Centre de recherche sur le coton de Bambari.  Ce centre de recherche très important dont nous n’avons plus voulu (comme d’habitude) s’est installé près de Moundou (Tchad). Et celui de Bambari est resté dans le délabrement le plus complet. Et encore, je ne cite que ce que j’ai été voir par moi-même. !

Dans le cadre de l’Université catholique d’Afrique Centrale, j’ai insisté et obtenu d’avoir en Centrafrique l’Institut d’Agronomie, qui aurait déjà vu le jour, sans les mutineries et les coups d’Etat qui ont tout retardé.

J’ai pu avoir l’accord du Chef de l’Etat en l’an 2000 pour construire l’Institut sur le terrain de l’ex ORSTOM (KM 10).

Ce sont ces quelques idées, quelques impressions que j’ai voulu évoquer devant vous, peut être avec vous, pur susciter des réflexions plus poussées dans le milieu centrafricain, d’ici et d’ailleurs.

Lorsque je demande à la plupart de nos compatriotes ce qu’ils font en France et quels diplômes ils ont obtenu, la réponse est toujours qu’ils sont ingénieurs…

-Ingénieurs en quoi ?

- Ingénieurs en Informatique !!

Mais Ingénieurs en rien d’autre chose ! On souhaiterait beaucoup plus de spécialités diverses, particulièrement dans les métiers de la terre qui sont plus utiles à nos paysans. Bref, que les cinq verbes de BOGANDA, tous les cinq, soient contenus dans notre formation en Europe afin de développer notre pays sous tous les aspects de la vie. C’est ce que nous allons confier maintenant au Seigneur.

Amen !

Monseigneur Joachim NDAYEN

 

 

 

HOMELIE DE L'ABBE Cyprien - Joseph BOMBANGUI-GOLEMBA  

 

1er Dimanche de l’Avent 2019                    

Aujourd’hui, commence le temps de l’Avent. Du latin Adventum, avènement ou venue, le mot Avent relève du vocabulaire liturgique. Dans la mentalité chrétienne, le sens et la signification de ce vocable induisent une notion de temporalité. Si bien que sur le plan de la liturgie, et à tort, on a tendance à ne considérer que cet aspect temporel en définissant l’Avent simplement comme le temps qui précède les fêtes de Noël.

L’Avent, comme temps liturgique, revêt un sens théologique assez dense. Les textes liturgiques nous plongent dans une période d’attente. Il y a plus de deux millénaires, le peuple d’Israël était dans l’attente de la venue du Messie, du Sauveur, de l’Envoyé de Dieu. Le principal thème théologique propre à ce temps, c’est l’Incarnation, le Fils de Dieu qui prend la forme humaine.

Mais si nous suivons bien la trame paulinienne dans la deuxième lecture de ce 1er dimanche de l’Avent, il est question non pas de la venue du Seigneur dans la chair (Incarnation), mais plutôt de sa venue dans la gloire où il est censé prendre ses fidèles avec lui. Et d’après Paul, cette venue est imminente. D’où, il faut être prêts pour le grand départ avec le Christ qui nous entraîne dans sa gloire.

Cependant, Jésus, ce Fils de Dieu qui nous rejoint dans notre humanité, a instauré, lors de sa vie mortelle, le Règne de Dieu sur la terre. Connaissant les limites de l’humanité, il enjoint à ses disciples de vivre en bons citoyens du Règne qu’il a établi. Etre vigilants pour échapper à  de malheureuses surprises que peuvent être une mort précoce, la déliquescence des normes de la vie en société, l’éclatement de cellules familiales, la perte de la dignité humaine, la culture de la haine, la culture de la mort, toute sorte de conflits, etc. Etre vigilants au sens évangélique, consiste d’abord à faire de la place pour Dieu dans sa vie, dans son existence, dans son cœur. Pour le disciple, être vigilant ou veiller, c’est avoir et entretenir cette communion étroite et permanente avec le Christ. 216, c’est le chiffre du chrétien. Avec le Christ on est deux sans cesse. Etre partout et à jamais, un lieutenant ou un représentant du Christ.

Si, tout disciples que nous sommes, nous n’honorons pas nos promesses ainsi que nos divers engagements, alors, nous provoquons d’une certaine façon le déluge !

Partant de l’attente messianique du peuple, en passant par l’attente de la venue du Fils de Dieu dans la gloire, nous découvrons que la monition de Jésus dans l’Evangile s’adresse aussi bien à nous ses disciples d’aujourd’hui, si tant est que nous le sommes, qu’à ses auditeurs de l’époque.

Je peux me permettre de dire que Dieu, dans son attente, entendue comme son projet de salut pour l’humanité, a agi. Il nous a envoyé un Sauveur, son Fils. Le Fils de Dieu, dans son attente (son projet d’obéir au Père en vue de sauver l’humanité) a pris la forme humaine. Il a manifesté la plénitude de l’amour, en donnant sa vie pour que l’humanité ait la vie de Dieu.

Alors, nous qui sommes membres ou disciples du Christ, et enfants de Dieu, quelle est notre attente ? De quoi sommes-nous en attente ? Et que faisons-nous pour rendre effective la matérialisation de l’objet de notre attente ?

Dieu ne se contente pas de nous dicter sa volonté. Il est le premier à faire ce qu’il nous demande. L’Evangile en est une belle illustration. Prenant pour acquis que notre assemblée est composée dans sa totalité de chrétiens, de croyants, de fidèles de Dieu, et majoritairement de Centrafricains, je peux nous interroger en ce jour anniversaire de la République Centrafricaine :

Aujourd’hui, quelle est l’attente du peuple centrafricain ? Quelle est l’attente de chacun et chacune individuellement pour la république centrafricaine ?

Répondre à ces brèves interrogations est un devoir qui nous incombe en notre qualité de citoyens centrafricains. Mais nous sommes tenus d’y répondre aussi en tant que citoyens du Règne de Dieu. Nous passerons alors nos jugements, lectures et réflexions au crible de la révélation divine par le biais des supports multiples et diversifiés qui sont à notre portée. Ne nous méprenons pas, on reconnaît l’arbre à ses fruits. Montre-moi tes œuvres, et je te dirai quel Dieu tu sers.

Cessons de chercher parmi nous des responsables à nos malheurs. Et si d’aventure nous en trouvons un, conduisons-le plutôt vers Celui qui nous demande d’être vigilants et de veiller. Au lieu de le condamner, aidons-le plutôt à se convertir, à veiller et à être vigilant. Car le condamner, c’est nous condamner nous-mêmes. Ne rêvons pas de bénéficier du privilège de Noé. Lorsque le déluge arrive pour un, il arrive pour tout le peuple.

Alors, veillons ! Oui, veillons à l‘unité du peuple Centrafricain. Veillons pour qu’il n’y ait qu’un seul, unique et indivisible Centrafrique. Veillons pour que l’âme du Centrafrique se réveille, se relève, vive et prenne en charge ce corps meurtri qui est à la merci de voraces prédateurs. Veillons et soyons vigilants pour redonner à notre pays le sérieux, la vivacité, un souffle nouveau, le succès, la dignité, l’honneur et la prospérité, la Vie tout simplement.

N’oublions pas que veiller c’est aussi et surtout faire Un avec nos ancêtres (pensons à Barthélemy BOGANDA et à toutes les grandes figures de notre pays qui ne sont plus) et faire Un avec le Christ, ce Dieu qui a pris notre chair.

 

Abbé Cyprien-Joseph  Bombangui-Golemba

 

 

 

MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR L'AMBASSADEUR Michel GBEZERA-BRIA

 

Monseigneur NDAYEN  Archevêque Emerite de Bangui ,

Merci d'être encore des nôtres et de nous rappeler qu'un pays est une mémoire , une histoire dont il faut tirer les leçons.

Monsieur l’Abbé Irénée,

Monsieur l'Abbé Cyprien,

Chers Amis de la République Centrafricaine,

Chers Membres de la Chorale,

Mes Biens Chers Compatriotes,

 

Notre Patrie, la République Centrafricaine ne voit pas encore d’une manière certaine  et globale  la fin de la tragédie qu’elle vit depuis de si  longues  années !

Tragédie d’abord par les armes dont l’homme est la cause. Ces armes ont blessé, emporté des vies, constitué des orphelins et des réfugiés. Elles ont eu aussi pour notable conséquence la perte des valeurs et surtout celle,essentielle, du respect de la personne humaine dont la protection est  la première mission de tout Etat.

A cette tragédie dont l’homme est l'auteur, s’est ensuite ajoutée tout récemment celle due à la nature provoquant des inondations qui ont aggravé la précarité sociale de nos Compatriotes aussi bien à Bangui que dans nos provinces.

En fait, cette précarité est, d’une manière générale, la précarité de notre destin, du destin de notre République Centrafricaine qui est l’objet, depuis fort longtemps, de grande convoitise dont la conséquence, violente ou subtile, s’étale ces dernières années.

Dans ce monde froid, insensible où la défense des intérêts est par-delà la morale et même par-delà la vie de la personne humaine, nous, Centrafricaines et Centrafricains, continuerons d’être la proie de cette convoitise si, par nos divisions, nous aggravons, notre immense faiblesse, c’’est à dire la faiblesse de l’Etat.

 Alors, me parait salutaire le dépassement de soi, pour voir l’essentiel, la préservation du sol de nos ancêtres et l’avenir de nos enfants qui nous interrogent avec angoisse pour leur éducation, santé   et emploi !

L’engagement politique, la quête du pouvoir et la gestion de celui-ci n’ont de sens que si prévaut  la préservation de ce fondamental intérêt.

Ainsi ce  1er décembre 2019, 61éme anniversaire de la Proclamation de la République Centrafricaine, est  encore une occasion, remarquable, de souvenir et  de compassion. Souvenir de celles et ceux qui ne sont plus ! Compassion  avec celles et ceux  qui sont dans la souffrance physique et morale.

C’est parler d’espérance pour le retour de la paix, de la sécurité qui permettront enfin d’arrêter de détruire,  de nous détruire  pour jeter les bases  de la reconstruction de notre Patrie, bases que les générations suivantes solidifieront et amplifierons !

Car, le défi  qui est  nôtre  face à la convoitise de notre Patrie  est d’une  limpide simplicité : oui ou non la République Centrafricaine appartient aux Centrafricains ? Oui ou non la République Centrafricaine  doit vivre et survivre comme Boganda nous l’a léguée?

 Cependant, je sais que malgré cette phase de tragédie, l’espérance,  nous cheville aux corps !

Si tel est le cas et comme l’espérance se bâtit, elle se bâtira d’abord par nous-mêmes ! Alors, serrons et continuons de serrer nos mains autour de notre Mère Patrie par le choix clair de sa sauvegarde qui veut volonté, fermeté et méthode !

Ainsi, mon souhait, vif, à nous toutes et tous de bonne fête s’accompagne de celui de maintenir éveillée, renforcée et permanente notre conscience du danger que court l’intégrité de la République Centrafricaine et notre identité en tant que Centrafricain !

C’est pourquoi notre espérance, forte, est déjà de voir les actions entreprises par le gouvernement tant au niveau international que national, avoir des conséquences de plus en plus amples notamment en ce qui concerne la réconciliation et la reconstruction de l’Etat !  

En ce sens, l’autorité de l’Etat qui revient est un signal de grande portée. C’est en effet, un Etat fort,mû par le sens de la solidarité, qui pourra et devra nous rassembler , nous protéger et protéger cette Terre de BE AFRICA qui a accueilli en son sein ceux qui nous ont précédé, nous accueillera et accueillera les générations futures pour le dernier repos.  

C’est, entre autres, le signe sublime et l’honneur d’appartenir à une Patrie et de la revendiquer !

Par ailleurs, l’action du gouvernement comme celle des partis politiques, des associations et individus pour concourir à aider nos compatriotes victimes des inondations est aussi signe qu’ensemble nous pouvons ! Oui, ensemble nous nous redonnerons la dignité.

En cette Eglise qui est ouverte à tous les Centrafricains, sans autres considérations que d'être Centrafricain, et leurs amis, merci à vous toutes et tous d’entourer de votre présence la République Centrafricaine qui vit en nous et qui vivra tant que nous, Centrafricains voulons qu’elle vive en toutes ses parties.

                                               MERCI